
Les Wisigoths
Le Dossier !
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Les Wisigoths : le royaume oublié du sud de la Gaule
Lorsque l’on évoque les Wisigoths, notre regard se tourne généralement vers l’Espagne. Pourtant, pendant près d’un siècle, l’un des principaux centres de leur pouvoir se trouve de l’autre côté des Pyrénées, dans le sud de la Gaule.
Au début du Ve siècle, les Goths s’installent dans un Empire romain d’Occident profondément fragilisé. Toulouse devient rapidement le centre d’une puissance politique qui étend progressivement son autorité sur une grande partie de la Gaule méridionale et de la péninsule Ibérique. L’archéologie révèle aujourd’hui dans la ville les traces d’un ensemble monumental comprenant notamment un probable palais royal.
Ces nouveaux maîtres du territoire ne font pourtant pas disparaître brutalement le monde romain. Populations gallo-romaines et gothiques coexistent, tandis que les structures administratives, juridiques et culturelles héritées de Rome continuent à jouer un rôle important. En 506, le roi Alaric II fait ainsi promulguer à Toulouse le Bréviaire d’Alaric, vaste compilation de droit romain destinée, selon l’interprétation traditionnelle, à ses sujets gallo-romains.
Une différence importante demeure cependant : les souverains wisigoths professent alors un christianisme arianiste, tandis que la majorité de la population gallo-romaine suit le christianisme nicéen.
En 507, la défaite d’Alaric II face à Clovis à Vouillé bouleverse l’équilibre du royaume. Toulouse passe sous domination franque et les traces archéologiques de la présence gothique s’y raréfient brutalement.
Mais les Wisigoths ne disparaissent pas.
Leur pouvoir se maintient dans la péninsule Ibérique et conserve également une partie du sud de la Gaule, notamment la Septimanie, avant que le centre politique du royaume ne se déplace durablement vers l’Espagne.
C’est alors qu’apparaît une distinction essentielle :
un royaume peut disparaître d’un territoire sans que le peuple qui l’a constitué disparaisse avec lui.
LE POINT CLAVIUS — LA DISPARITION D’UN ROYAUME SIGNIFIE-T-ELLE LA DISPARITION D’UN PEUPLE ?
Les cartes historiques donnent parfois l’impression que les peuples apparaissent et disparaissent au rythme des conquêtes.
En 507, le royaume wisigothique de Toulouse s’effondre face aux Francs. Pourtant, les Wisigoths ne disparaissent ni de l’Histoire ni même totalement de la Gaule méridionale.
Leur pouvoir se poursuit ailleurs, leurs institutions évoluent et leurs populations se mêlent progressivement à celles des territoires qu’elles gouvernent.
L’archéologie montre d’ailleurs combien cette notion d’identité doit être maniée avec prudence : autour de Toulouse, certaines nécropoles semblent avoir accueilli aussi bien des populations locales que de nouveaux arrivants gothiques.
Dès lors, rechercher le moment où un peuple « disparaît » peut être une mauvaise manière de poser la question. Il faudrait plutôt rechercher ce qui disparaît, ce qui se transforme et ce qui se transmet.
Les frontières disparaissent parfois beaucoup plus vite que les héritages.
Dossier CLAVIUS :
Les Wisigoths — l’héritage oublié du Midi et l’énigme du trésor.
Pendant près d’un siècle, les Wisigoths ont constitué l’une des principales puissances politiques de l’Occident post-romain. Le Dossier CLAVIUS reviendra sur la formation du royaume de Toulouse, ses rapports avec le monde gallo-romain, son christianisme arianiste et les traces archéologiques laissées par la présence gothique.
Il suivra ensuite le déplacement du pouvoir wisigothique après la défaite de Vouillé en 507, lorsque Toulouse tombe aux mains des Francs tandis que les Wisigoths conservent notamment la Septimanie et plusieurs places fortes du Midi, mais cette histoire politique est accompagnée d’une autre énigme : Qu’est devenu le trésor des Wisigoths ?
Depuis le sac de Rome par Alaric Ier en 410, les Goths avaient accumulé un butin considérable. Plusieurs récits anciens et traditions ultérieures ont associé à ces richesses des objets provenant de Rome.
Après la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70, les Romains rapportèrent à Rome une partie de ses objets cultuels. La célèbre représentation du triomphe de Titus sur l’Arc de Titus montre notamment la menorah à sept branches, les trompettes sacrées et la table des pains de proposition parmi les dépouilles transportées à Rome.
Leur présence à Rome au Ier siècle appartient donc à l’Histoire. Leur devenir au cours des siècles suivants est une tout autre question.
Lorsque les Wisigoths d’Alaric mettent Rome à sac en 410, une tradition beaucoup plus tardive va établir un lien entre le butin emporté par les Goths et les anciennes dépouilles du Temple de Jérusalem. Dès lors commence véritablement l’énigme :
les Wisigoths ont-ils emporté en 410 certains des objets sacrés rapportés de Jérusalem trois siècles auparavant et, si oui, qu’en est-il advenu ?
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