Les Celtes
Le Dossier

En attendant le dossier complet…

Les Celtes : qui étaient-ils vraiment ?

Lorsque nous parlons aujourd’hui des Celtes, une image apparaît presque immédiatement : celle d’un vaste ensemble de peuples occupant une grande partie de l’Europe avant les conquêtes romaines. Pourtant, derrière ce nom apparemment familier se cache une réalité beaucoup plus complexe.

Les auteurs grecs puis romains ont utilisé différents termes pour désigner certaines populations d’Europe occidentale et centrale. Mais ces peuples ne formaient pas nécessairement une nation unique, dotée d’un territoire commun ou d’une identité collective comparable à celles que nous connaissons aujourd’hui.

L’archéologie a également mis en évidence de grandes cultures matérielles de l’âge du Fer, notamment celles de Hallstatt puis de La Tène. Pendant longtemps, elles ont été largement associées au « monde celte ». Les recherches contemporaines invitent cependant à davantage de prudence : partager certaines formes d’art, d’armement ou d’objets ne suffit pas à démontrer que toutes les populations concernées se considéraient comme appartenant au même peuple.

La linguistique apporte une autre pièce au dossier. Plusieurs langues anciennes appartiennent bien à une même famille linguistique dite celtique, dont certaines langues modernes — comme le breton, le gallois ou le gaélique — sont les héritières. Mais là encore, une parenté linguistique ne constitue pas à elle seule la preuve d’une identité politique ou culturelle commune.

Quant aux textes antiques, ils doivent être lus avec précaution. Une grande partie de ce que nous savons de ces populations nous vient d’observateurs extérieurs, grecs ou romains, qui les décrivaient selon leurs propres catégories et parfois leurs propres stéréotypes. L’archéologie permet aujourd’hui de confronter ces récits aux traces laissées par les populations elles-mêmes. Dès lors, la question change.

Il ne s’agit peut-être plus seulement de demander « Qui étaient les Celtes ? », mais également : qui avons-nous choisi, au fil des siècles, d’appeler les Celtes ?

LE POINT CLAVIUS — PEUT-ON DONNER UN NOM UNIQUE À DES PEUPLES QUI NE SE DÉFINISSAIENT PEUT-ÊTRE PAS AINSI ?

Nommer permet de classer et de comprendre, mais un nom peut également créer l’illusion d’une unité qui n’a peut-être jamais existé sous cette forme.

Les mots « Celtes », « Gaulois » ou encore les catégories archéologiques de Hallstatt et de La Tène ne désignent pas exactement les mêmes réalités. Les premiers nous viennent en partie des textes anciens ; les secondes ont été construites par les archéologues à partir des objets et des sites qu’ils étudient.

Il faut donc distinguer le nom donné par les sources, les traces révélées par l’archéologie et l’identité que les populations se donnaient elles-mêmes, or cette dernière est souvent la plus difficile à retrouver.

Avant de chercher l’histoire d’un peuple, il faut parfois commencer par interroger le nom que nous lui avons donné.

Dossier CLAVIUS :
Les Celtes — un peuple ou une construction de l’Histoire ?

Derrière le mot « Celtes » se cache une réalité beaucoup plus complexe que l’image d’un peuple unique ayant occupé une grande partie de l’Europe.
Le Dossier CLAVIUS reprendra l’enquête depuis les premières mentions des Keltoi dans les sources antiques jusqu’aux découvertes de l’archéologie moderne.

Il examinera les cultures de Hallstatt et de La Tène, les langues celtiques, les témoignages grecs et romains, mais aussi les différences entre Celtes, Gaulois et populations de l’âge du Fer que l’on a parfois regroupées sous une même appellation.Il faudra également comprendre comment, à partir du XVIIIᵉ et surtout du XIXᵉ siècle, s’est progressivement construite notre représentation moderne du « monde celte », et confronter cette image à ce que permettent réellement d’établir l’archéologie, la linguistique et les textes anciens.

Une question guidera cette enquête :
les Celtes se considéraient-ils eux-mêmes comme appartenant à un même ensemble culturel, ou cette unité est-elle en partie le résultat du regard que l’Histoire a porté sur eux ?

Car avant de raconter l’histoire d’un peuple, encore faut-il savoir ce que recouvre réellement son nom.