Gisors – Le Dossier !

Gisors

le trésor sous la forteresse ?

Il existe des histoires qui commencent par une découverte, d’autres par une rumeur, un témoignage ou une conviction, celle de Gisors commence sous terre.
Au milieu du XXᵉ siècle, un homme nommé Roger Lhomoy, gardien du château de Gisors, affirme avoir découvert, après de longues recherches dans les profondeurs de la forteresse, une vaste salle souterraine. Il y aurait aperçu des statues de pierre et plusieurs coffres soigneusement disposés.
Son récit aurait pu rester une curiosité locale, cependant, il va progressivement prendre une dimension extraordinaire car Gisors n’est pas une forteresse comme les autres. Ancienne place forte stratégique aux frontières du duché de Normandie et du royaume de France, elle fut également liée à l’histoire des Templiers. Il n’en fallait pas davantage pour que la mystérieuse salle décrite par Lhomoy soit bientôt associée à l’un des plus célèbres trésors supposés de l’histoire médiévale.

Puis les récits se multiplient.
Des recherches sont entreprises, des auteurs s’emparent de l’affaire. Les hypothèses se croisent et, progressivement, Gisors entre dans un univers où se rencontrent les Templiers, les trésors disparus et, plus tard, les énigmes entourant le Prieuré de Sion, mais, finalement,que savons-nous réellement ?

Roger Lhomoy a-t-il découvert une salle oubliée sous le château ?

Quels éléments permettent de vérifier son témoignage ? Que révélèrent les recherches menées après ses déclarations ? Et surtout, comment une affaire née dans les souterrains d’une forteresse normande a-t-elle fini par rejoindre une histoire beaucoup plus vaste ?
Pour tenter de le comprendre, nous allons reprendre l’enquête depuis ses origines. Revenir au château, à son histoire et aux événements qui ont conduit Roger Lhomoy à entreprendre ses recherches ; examiner son témoignage, les investigations qui suivirent et les différentes interprétations qui se sont progressivement ajoutées au récit initial, sans, pour autant, chercher à démontrer l’existence d’un trésor mais, en revanche, sans écarter non plus les questions auxquelles les documents disponibles ne permettent pas encore de répondre.
Car, à Gisors, le véritable mystère ne réside peut-être pas seulement dans ce qui pourrait se trouver sous la forteresse, il réside aussi dans la manière dont le récit d’un homme est devenu, en quelques décennies, l’une des grandes énigmes historiques françaises.

Gisors — une forteresse au cœur de l’histoire

Avant les souterrains, les coffres mystérieux et les légendes templières, il y a un château !
Une forteresse construite à la fin du XIᵉ siècle, dans une région où se rencontrent deux puissances rivales, le royaume de France et le duché de Normandie. À cette époque, les ducs de Normandie sont également, depuis la conquête de 1066, rois d’Angleterre. Leur puissance territoriale et politique représente un défi permanent pour la monarchie capétienne ; Gisors occupe alors une position particulièrement sensible.
Édifié sur une hauteur dominant la vallée de l’Epte, le château permet de surveiller l’un des principaux passages entre la Normandie et le domaine royal français. Sa motte castrale, son donjon et ses enceintes successives témoignent de l’importance militaire que lui accordèrent ses différents maîtres. Pendant près de deux siècles, la forteresse sera ainsi au centre des rivalités entre les souverains français et anglo-normands mais c’est un épisode particulier de cette histoire qui retiendra notre attention.

Quand les Templiers entrent à Gisors

Au milieu du XIIᵉ siècle, Gisors devient l’un des enjeux des négociations entre les deux monarchies. En 1158, dans le cadre d’un accord matrimonial destiné à rapprocher les familles régnantes, le château est confié à la garde de chevaliers du Temple. Ceux-ci doivent veiller sur la forteresse dans l’attente du mariage d’Henri le Jeune, fils d’Henri II Plantagenêt, avec Marguerite, fille du roi Louis VII.
La présence templière est donc bien réelle toutefois, sa nature mérite d’être précisée. Les Templiers ne sont pas alors les propriétaires d’un mystérieux sanctuaire souterrain ; ils interviennent comme gardiens d’une place forte engagée dans un accord diplomatique.
Cette mission prend fin lorsque les équilibres politiques changent et que le château passe sous le contrôle d’Henri II Plantagenêt en 1160.
Pourtant, l’histoire des Templiers à Gisors ne s’arrête pas là !

Au début du XIVᵉ siècle, après l’arrestation des membres de l’ordre décidée par Philippe le Bel en 1307, plusieurs dignitaires templiers sont détenus dans la forteresse, parmi eux figure Jacques de Molay, dernier grand maître de l’ordre du Temple, ainsi que d’autres responsables importants.
Gisors se trouve donc associé à deux moments très différents de l’histoire templière, d’abord la garde d’une forteresse au XIIᵉ siècle, puis la détention de dignitaires de l’ordre au XIVᵉ siècle ; deux épisodes historiques qui, plusieurs siècles plus tard, contribueront à donner une apparente vraisemblance aux récits de trésors cachés.

Il est important, ici, de distinguer deux choses : La présence des Templiers à Gisors est attestée ; l’existence d’un trésor templier dissimulé sous le château ne l’est pas.
Cette distinction est essentielle pour comprendre la suite de notre enquête !

En effet, lorsque Roger Lhomoy entreprendra ses recherches dans les profondeurs de la forteresse, il évoluera dans un lieu dont l’histoire possède déjà tous les ingrédients nécessaires à la naissance d’une légende : Un château médiéval, des souterrains, des chevaliers du Temple, un grand maître emprisonné et enfin, le souvenir d’un ordre disparu dans des circonstances dramatiques.
Il ne manquait plus qu’un homme affirmant avoir découvert quelque chose sous les pierres, cet homme allait s’appeler Roger Lhomoy.

Roger Lhomoy — l’homme qui cherchait sous le château

Dans les années 1930, le château de Gisors accueille un gardien qui ne ressemble guère aux autres ; Roger Lhomoy est un enfant du pays. Depuis sa jeunesse, il s’intéresse aux histoires et aux traditions locales, particulièrement à celles qui évoquent l’existence d’un trésor dissimulé dans les profondeurs de la forteresse. Selon son propre récit, il aurait fréquenté le milieu religieux et rencontré un prêtre, l’abbé Vaillant, qui lui aurait fait découvrir certaines de ces légendes.
Une histoire retient particulièrement son attention : celle d’un trésor caché sous le château !
Pour beaucoup, il ne s’agit probablement que d’une tradition parmi tant d’autres, pour Lhomoy, elle devient une conviction !
Lorsqu’il obtient un poste de gardien et de jardinier du château, il dispose désormais d’une occasion exceptionnelle, celle de chercher lui-même ce que d’autres se contentent d’imaginer.

Des années de recherches clandestines

Lhomoy entreprend alors de creuser ! Ses recherches, menées plus ou moins discrètement, se concentrent notamment sur le donjon et ses soubassements. Il affirmera plus tard avoir bénéficié d’une autorisation verbale de la municipalité, sans que cela suffise à établir le caractère officiellement autorisé de ses travaux. Il poursuit ses investigations pendant plusieurs années, y compris durant l’Occupation allemande, alors que le château est réquisitionné par la Wehrmacht.
Le travail est considérable !
Il faut imaginer cet homme creusant dans les profondeurs d’une forteresse médiévale, évacuant les déblais et progressant dans des espaces où les risques d’effondrement sont bien réels.

Puis vient la Libération !
Gisors porte encore les traces des bombardements et la vie quotidienne reprend progressivement. Lhomoy, lui, retrouve davantage de liberté pour poursuivre ses recherches.
C’est alors que survient l’événement qui va bouleverser son existence !

« Monsieur le maire, j’ai découvert un trésor ! »

Un jour, Roger Lhomoy se présente à la mairie de Gisors, il affirme avoir fait une découverte extraordinaire sous le donjon.
Dans Les Templiers sont parmi nous, publié en 1962, Gérard de Sède rapporte une annonce spectaculaire, Lhomoy aurait découvert le trésor des Templiers et là, cette formulation mérite toute notre attention. Car rien ne permet d’affirmer avec certitude que Lhomoy ait employé ces mots lors de sa première déclaration !
Il est possible qu’il ait simplement annoncé la découverte d’un trésor, sans lui attribuer une origine templière, la différence peut sembler insignifiante ; elle est pourtant fondamentale !
Découvrir un trésor et découvrir le trésor des Templiers ne sont pas deux affirmations équivalentes.

Dans le premier cas, nous sommes face au témoignage d’un homme persuadé d’avoir trouvé quelque chose d’exceptionnel, dans le second, la découverte est immédiatement rattachée à une histoire précise, celle d’un ordre religieux et militaire disparu depuis plus de six siècles ; or, comme nous le verrons, cette attribution jouera un rôle essentiel dans la transformation de l’affaire de Gisors.

Une découverte que personne ne peut vérifier

Le maire décide de se rendre sur place, accompagné de plusieurs personnalités locales, dont le capitaine des pompiers.
Ce dernier descend dans l’excavation réalisée par Lhomoy mais les travaux présentent de tels dangers qu’il renonce à poursuivre jusqu’au fond.
La découverte annoncée par le gardien demeure donc invérifiée !

Face à l’ampleur des travaux et aux risques qu’ils représentent, le maire ordonne de reboucher le puits !
Lhomoy voit ainsi disparaître l’accès à ce qu’il considère comme sa découverte, mais il ne renonce pas.

Le 25 juillet 1946, il entreprend une démarche officielle pour obtenir l’autorisation de reprendre ses recherches. Malgré un accord des autorités compétentes, la municipalité s’y oppose et les fouilles ne reprennent pas. L’affaire commence alors à attirer l’attention de la presse locale.
Pourtant, une question demeure entière, qu’avait réellement découvert Roger Lhomoy ? Une cavité naturelle ? Une salle aménagée au cours de l’histoire du château ? Un espace souterrain oublié ? Ou quelque chose de plus important ? À ce stade, nous ne disposons pas d’une constatation indépendante permettant de confirmer la découverte telle qu’il la racontera.
Et c’est précisément là que commence une nouvelle difficulté, car le récit de Lhomoy ne restera pas figé.

Au fil des années, il sera repris, développé et associé à des personnages dont les intentions et les intérêts dépasseront largement les recherches d’un gardien de château. Dans cette histoire, ce qui fut réellement découvert et ce qui fut ensuite raconté pourraient bien être deux choses différentes !

La salle souterraine — entre témoignage et réalité

Que Roger Lhomoy ait creusé sous le château de Gisors ne fait guère de doute mais qu’a-t-il réellement découvert au terme de ses recherches ? C’est ici que l’affaire devient particulièrement intéressante, car derrière le récit devenu célèbre d’une immense chapelle souterraine renfermant des statues et trente coffres, apparaît une autre découverte, beaucoup moins spectaculaire, mais peut-être plus importante pour notre enquête.

Une chapelle sous la forteresse ?

Dans le récit popularisé par Gérard de Sède en 1962, Roger Lhomoy aurait découvert, au terme de ses longues excavations, une vaste salle souterraine aménagée comme une chapelle. Des statues de pierre y auraient été disposées, tandis que trente coffres reposaient dans cet espace mystérieux ; l’image est saisissante !
Une chapelle oubliée sous une forteresse médiévale, des coffres abandonnés depuis des siècles et, en arrière-plan, le souvenir des Templiers qui avaient occupé Gisors, tous les éléments semblent réunis pour donner naissance à une extraordinaire histoire de trésor, mais un problème demeure : Personne n’a pu vérifier indépendamment la découverte de cette chapelle et de son supposé contenu.
Les travaux entrepris par Lhomoy furent interrompus et son excavation rebouchée. Le récit de la grande salle repose donc essentiellement sur les déclarations qui nous sont parvenues, notamment à travers le livre de Gérard de Sède et ceci ne suffit pas à démontrer que Lhomoy ait tout inventé, mais cela nous oblige à examiner attentivement une autre information, souvent éclipsée par la légende.

Une première salle passée presque inaperçue

Dans Les Templiers sont parmi nous, Gérard de Sède évoque une découverte antérieure de Roger Lhomoy. Au cours de ses recherches, celui-ci aurait trouvé l’accès à une petite salle souterraine d’environ quatre mètres sur quatre. Curieusement, cette découverte ne semble pas avoir particulièrement retenu l’attention du gardien, du moins si l’on suit le récit de l’écrivain. Voilà qui mérite réflexion !
Pourquoi un homme ayant consacré tant d’années à rechercher un trésor sous le château se serait-il désintéressé d’une salle souterraine dont il ignorait jusque-là l’existence ? Était-elle vide ? Avait-elle déjà été explorée ? Son aspect ne correspondait il pas à ce qu’il espérait découvrir ? Nous ne le savons pas, mais une autre question apparaît aussitôt : Et si cette petite salle avait joué un rôle plus important dans l’histoire de Roger Lhomoy que ne le laisse entendre le récit devenu célèbre ?

Contrairement à la grande chapelle aux trente coffres, cette cavité possède une particularité, plusieurs témoignages recueillis bien après les événements semblent indiquer qu’un espace souterrain de dimensions comparables serait connu sous le donjon.

Des témoignages qui interrogent

Dans mon ouvrage Des Templiers au Prieuré de Sion, je rapporte deux rencontres particulièrement intéressantes, la première eut lieu lors du tournage d’un documentaire consacré aux Templiers, réalisé avec David Galley.
Au cours d’un échange informel, une personne exerçant des responsabilités en rapport avec le château aurait confirmé que les services archéologiques et la Direction régionale des affaires culturelles connaissaient l’existence d’une salle sous le donjon !
Quelques années plus tard, une seconde rencontre allait renforcer cette information.
À l’issue d’une visite du château, j’interrogeai discrètement une guide sur cette salle souterraine, en évoquant des dimensions d’environ quatre mètres sur quatre et quatre mètres de hauteur, la réaction de la guide fut immédiate. Surprise par la précision de la question, elle m’indiquat ne pas être autorisée à parler de cet espace !
Ces échanges ne constituent évidemment pas, à eux seuls, une preuve archéologique publiée, ils n’en présentent pas moins un intérêt documentaire car ils invitent à rechercher si cette petite salle a effectivement été identifiée, étudiée ou simplement répertoriée par les services chargés du monument et surtout, ils nous ramènent à une question que la légende de Gisors a peut-être trop longtemps laissée de côté…

Deux salles, ou deux versions d’une même découverte ?

Nous voici donc face à deux récits ; le premier décrit une immense chapelle souterraine, peuplée de statues et contenant trente coffres – c’est celui qui a fait la célébrité de l’affaire – le second évoque une salle beaucoup plus modeste, dont l’existence aurait été connue des responsables du château, selon les témoignages recueillis ultérieurement ; du coup, ces deux récits correspondent ils à deux découvertes différentes ? Ou bien la petite salle aurait-elle été progressivement remplacée, dans la narration de l’affaire, par une construction beaucoup plus spectaculaire ?
Il existe également une troisième possibilité : Roger Lhomoy aurait pu découvrir un espace réel, puis interpréter certains éléments à la lumière des légendes qui nourrissaient ses recherches, ou bien lui a t-on demander d’enjoliver son récit ?

Il faudrait notamment pouvoir consulter les relevés archéologiques, les plans du sous-sol et les archives des différentes interventions réalisées dans la forteresse, car l’existence éventuelle d’une salle souterraine ne prouverait ni celle d’une chapelle, ni celle d’un trésor, encore moins son appartenance aux Templiers, mais elle pourrait modifier notre compréhension du témoignage initial et c’est déjà considérable !

Une énigme qui change de nature

Finalement, le mystère de Gisors ne se résume peut-être pas à la recherche d’un trésor disparu, il nous confronte à une difficulté plus subtile : celle de retrouver, derrière plusieurs décennies de récits, la nature exacte d’une découverte initiale.
Roger Lhomoy a-t-il réellement pénétré dans une salle oubliée ? Si cette salle existe, quelle était sa fonction et à quelle époque fût-elle aménagée ? Et comment sommes-nous passés du témoignage d’un gardien de château à l’histoire d’une chapelle templière renfermant trente coffres ?
Pour comprendre cette transformation, il nous faut maintenant quitter les profondeurs de Gisors et retrouver ceux qui, quelques années plus tard, allaient donner à cette affaire une dimension nouvelle, parmi eux, deux noms vont bientôt devenir incontournables : Gérard de Sède et Pierre Plantard.

Gisors — ce que les pierres ne nous ont pas encore dit

Près de huit siècles après le passage des Templiers, le château de Gisors continue de nourrir l’imaginaire de ceux qui s’intéressent aux mystères de l’histoire, mais que reste-t-il réellement de cette extraordinaire affaire ?
Une forteresse dont l’histoire est parfaitement inscrite dans les rivalités médiévales, une présence templière attestée, un homme, Roger Lhomoy, qui consacra une partie de son existence à rechercher un trésor sous le donjon et une découverte dont la véritable nature demeure incertaine.
Au fil des décennies, le récit de Lhomoy a progressivement dépassé le cadre d’une énigme locale. Sous la plume de Gérard de Sède, avec l’intervention de Pierre Plantard, Gisors est devenu l’un des lieux emblématiques des mystères entourant les Templiers mais derrière cette construction légendaire, une question plus discrète subsiste : Roger Lhomoy avait-il réellement découvert une salle oubliée sous la forteresse ?
Les témoignages et les informations recueillies depuis invitent à ne pas refermer trop rapidement cette interrogation. Ils ne suffisent cependant pas à confirmer l’existence de la célèbre chapelle aux trente coffres. Il reste donc à distinguer ce qui appartient à l’histoire du château, ce qui relève du témoignage d’un homme et ce qui fut ajouté au fil du temps, car l’absence de preuve d’un trésor templier ne signifie pas nécessairement que toutes les questions soulevées par les recherches de Roger Lhomoy aient trouvé leur réponse et peut-être est-ce là que réside aujourd’hui le véritable intérêt de Gisors, non pas dans la certitude qu’un trésor attendrait encore sous les pierres mais dans cette interrogation, beaucoup plus simple et pourtant toujours passionnante : Qu’avait réellement trouvé Roger Lhomoy ?

Pour aller plus loin…

L’affaire de Gisors ne se limite pas aux recherches de Roger Lhomoy, elle s’inscrit dans une histoire bien plus vaste, où se croisent les Templiers, Gérard de Sède, Pierre Plantard et les origines de la légende du Prieuré de Sion.
Pour ceux qui souhaitent approfondir cette enquête, découvrir les documents, les témoignages et les hypothèses qui entourent cette affaire :

Jean-Patrick Pourtal — Des Templiers au Prieuré de Sion

Une exploration historique des événements, des personnages et des constructions légendaires qui ont contribué à façonner l’un des grands mystères du XXᵉ siècle !