La démarche CLAVIUS

Explorer. Comprendre. Transmettre.

CLAVIUS est né d’une manière de chercher.

Depuis de nombreuses années, mes recherches me conduisent vers des sujets où l’Histoire rencontre parfois le mystère, les traditions, les légendes ou les interprétations.
Face à ces sujets, une même méthode s’est progressivement imposée : revenir aux sources, observer les lieux, confronter les récits, respecter la chronologie et distinguer aussi clairement que possible ce qui est établi, ce qui demeure hypothétique et ce qui appartient à la tradition.

CLAVIUS donne aujourd’hui un nom et une structure à cette démarche.

Il ne constitue pas un projet séparé de jp-pourtal.fr, il le devient. Il en est le fil conducteur : l’espace dans lequel mes recherches, mes livres, mes enquêtes de terrain, mes conférences et mes documents peuvent être organisés autour d’une même exigence.
Explorer. Comprendre. Transmettre.

L’esprit CLAVIUS

Une autre manière d’aborder le mystère

CLAVIUS part d’un principe simple : le mystère mérite mieux que la crédulité, mais aussi mieux que le rejet systématique.

Entre ces deux attitudes existe un espace pour la recherche.

Il consiste à accepter une question sans présumer de sa réponse, à examiner les sources disponibles, à confronter les témoignages, à observer les lieux et à replacer chaque élément dans sa chronologie.

Certaines hypothèses résistent à cet examen. D’autres doivent être abandonnées. D’autres encore demeurent ouvertes parce que les éléments disponibles ne permettent tout simplement pas de trancher.

CLAVIUS ne cherche donc ni à entretenir artificiellement le mystère, ni à le faire disparaître.

Il cherche à déterminer où s’arrêtent les faits, où commencent les hypothèses et quelles questions restent légitimement ouvertes.

Les outils de CLAVIUS

Pour rendre cette démarche visible au fil des recherches, CLAVIUS utilise deux dispositifs complémentaires : les Points CLAVIUS et les Dossiers CLAVIUS.

Ils n’ont pas la même fonction. Le premier invite à s’arrêter sur une question de méthode ou d’interprétation. Le second permet de quitter le récit principal pour approfondir une enquête particulière.

Qu’est-ce qu’un Point CLAVIUS ?

Un Point CLAVIUS est un temps d’arrêt dans l’enquête.
Il apparaît lorsqu’un document, une affirmation, une tradition ou une hypothèse demande à être examiné avec davantage de recul. Il peut attirer l’attention sur un problème de chronologie, la valeur d’une source, la différence entre un fait et son interprétation, ou encore sur un raisonnement qui mérite d’être questionné.

Le Point CLAVIUS ne cherche pas nécessairement à apporter une réponse. Il pose souvent la question qui permet de mieux comprendre le problème.

C’est aussi l’endroit où s’exprime le plus directement la méthode CLAVIUS : distinguer ce que nous savons, ce que nous pouvons raisonnablement supposer et ce que les sources ne permettent pas encore d’établir.

Le Point CLAVIUS n’interrompt pas l’enquête. Il lui donne du recul.

Qu’est-ce qu’un Dossier CLAVIUS ?

Un Dossier CLAVIUS est une enquête à part entière, proposée à celles et ceux qui souhaitent aller plus loin.

La lecture d’un article peut faire apparaître une question qui mérite d’être approfondie, confronter davantage de sources, comparer plusieurs documents, étudier un lieu ou une chronologie, examiner des témoignages ou mettre à l’épreuve différentes hypothèses. C’est là que commence le Dossier CLAVIUS.

Il ne répète pas l’article qui l’a précédé, il en prolonge l’exploration. Il permet de quitter progressivement le récit général pour entrer dans l’enquête, sans alourdir la lecture principale. Archives, textes anciens, photographies, cartes, observations de terrain, travaux historiques ou archéologiques peuvent alors être confrontés afin de distinguer les faits établis, les interprétations, les contradictions et les zones d’ombre.

Un Dossier CLAVIUS n’a pas pour obligation de résoudre l’énigme qu’il examine. Il doit en revanche permettre de comprendre ce qui peut être établi, ce qui demeure discuté et pourquoi certaines questions restent ouvertes.

Un dossier n’est pas construit autour d’une réponse à défendre, mais autour d’une question à examiner.

Des sources avant les interprétations

Une enquête CLAVIUS cherche, chaque fois que cela est possible, à revenir au plus près de la source : document d’archive, texte ancien, témoignage contemporain des faits, donnée archéologique, monument, inscription ou observation de terrain.

Les travaux des historiens, chercheurs et auteurs permettent ensuite de replacer ces éléments dans leur contexte et de confronter les différentes interprétations.

Toutes les sources n’ont cependant pas la même valeur. Leur date, leur origine, leur proximité avec les événements et les conditions dans lesquelles elles nous sont parvenues doivent elles-mêmes être examinées.

Citer une source ne suffit pas : encore faut-il comprendre ce qu’elle permet réellement d’établir.

Le droit de laisser une question ouverte

Toutes les enquêtes ne conduisent pas à une réponse définitive.

Lorsque les documents manquent, que les témoignages se contredisent ou que plusieurs interprétations demeurent possibles, CLAVIUS préfère conserver une question ouverte plutôt que combler artificiellement les lacunes.

Une enquête peut donc aboutir à une certitude, à une hypothèse vraisemblable, à plusieurs possibilités — ou simplement à la constatation que nous ne disposons pas encore des éléments nécessaires pour trancher.

Dire « nous ne savons pas » est parfois une conclusion de recherche.

Une recherche qui reste ouverte

Un Dossier CLAVIUS n’est pas nécessairement un dossier clos.

La découverte d’un document, une publication scientifique, une nouvelle étude archéologique ou simplement la confrontation avec une source jusque-là inconnue peuvent conduire à compléter, nuancer ou réviser une conclusion.

CLAVIUS considère cette évolution non comme une faiblesse, mais comme le fonctionnement normal de la recherche.

Une hypothèse doit pouvoir évoluer lorsque notre connaissance des faits évolue.

L’engagement CLAVIUS

Je ne cherche pas à démontrer une théorie.
Je cherche à comprendre une histoire.

Le doute n’est pas l’ennemi de la recherche.
Il en est le moteur.

Une hypothèse n’est pas une vérité en attente ;
c’est une invitation à poursuivre l’enquête.


Jean-Patrick Pourtal